La Gare de Lens

  • Gare de Lens - Pas-de-Calais (62) - Nord-Pas de Calais

    Gare de Lens - Pas-de-Calais (62) - Nord-Pas de Calais

    © S.Dhote

La Gare de Lens Place du Général de Gaulle 62300 Lens fr

Tenant la crête de Vimy depuis avril 1917, le corps d’armée canadien reçoit à l’été l’ordre d’avancer sur Lens. Du 15 au 25 août, les Canadiens entament un combats de rue dans les villes alentours. Malgré tout, Lens reste dans les mains de l’armée allemande jusqu’à son repli en octobre 1918. Elle n’est alors plus qu’un champ de ruines.

Dès l’automne 1914, l’occupation allemande s’étend sur la majeure partie du Bassin minier. Seules les concessions minières de Béthune et de Bruay demeurent aux mains des Français. Dans les concessions occupées, l’extraction houillère se poursuivra sous contrôle et au bénéfice de l’occupant. Face à la pression de l’armée britannique sur les hauteurs de Vimy en 1917, les Allemands évacuent la population civile et poursuivent la destruction de l’appareil productif : les puits sont noyés et les machines transférées en Allemagne.

En 1918, le sol de la ville, déjà fragilisé par les affaissements miniers, a été retourné sur une profondeur de 4 à 5 mètres par les bombardements. Le déblaiement et le nivellement, préalables à la reconstruction, durent de février 1919 à fin 1921. Jusqu’à la reconstruction de leur habitations, les Lensois trouvent refuge dans des baraquements en bois montés dans les décombres. 

Pour la reconstruction des bâtiments publics, deux styles architecturaux vont s’opposer. Autour de la place Jean Jaurès, l’église Saint-Léger et l’hôtel de ville (à nouveau détruit en 1944) retrouvent leur forme d’avant-guerre et l’architecte Louis-Marie Cordonnier élève les Grands bureaux - aujourd’hui l’Université - dans son style teinté de régionalisme.

Mais c’est le style art déco qui va le plus marquer le « nouveau Lens ». La gare, œuvre d’Urbain Cassan en 1926, s’inspire de la forme d’une locomotive à vapeur de l’époque (la loco 020) : la tour horloge figure la cheminée, les auvents des entrées les roues. Ses 11 modules indépendants, en béton armé, reposent sur des vérins hydrauliques pour prévenir les affaissements miniers. A l’intérieur, Auguste Labouret évoque dans ses mosaïques d’inspiration cubiste la mine et l’industrie.

 

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