Le monument des fusillés de Vingré dans l'Aisne

  • Henry Floch, panneau jalonnant la visite du village de Vingré

    Henry Floch, panneau jalonnant la visite du village de Vingré

    © FX. Dessirier

  • Monument  des fusillés de Vingré

    Monument des fusillés de Vingré

    © Mission Chemin des Dames

Le monument des fusillés de Vingré dans l'Aisne Hameau de Vingré 02290 Nouvron-vingre fr

Le monument des fusillés de Vingré (20km au nord-ouest de Soissons) a été érigé sur le lieu de l’exécution de six poilus fusillés pour l’exemple le 4 décembre 1914. Il rend hommage à un caporal et à cinq soldats :
- le caporal Paul Henry Floch
- Jean Blanchard

- Francisque Durantet
- Pierre Gay
- Claude Pettelet
- Jean Quinault.

Les faits datent du 27 novembre 1914. 24 hommes sont accusés d’abandon de poste en présence de l’ennemi. Ils expliquent alors avoir agi sur ordre de leur sous-lieutenant, mais ce dernier, s’en défend et accable les 24 soldats. Le 3 décembre 1914, à l’issu d’un tirage au sort, le conseil de guerre condamne six d’entre eux à la peine de mort. Les Martyrs de Vingré, tels qu’ils seront surnommés par la suite, ont été réhabilités par la Cour de cassation le 29 janvier 1921.

En face du monument leur rendant hommage, se trouve la cave où ils attendirent leur exécution.

Sur les maisons du hameau figurent les photos et les extraits des dernières lettres de chaque fusillé.

Voici la dernière lettre du caporal Henry Floch adressée à sa femme Lucie :

« Ma bien chère Lucie, Quand cette lettre te parviendra, je serai mort fusillé. Voici pourquoi : le 27 novembre, vers 5 heures du soir, après un violent bombardement de deux heures, dans une tranchée de première ligne, et alors que nous finissions la soupe, des Allemands se sont amenés dans la tranchée, m’ont fait prisonnier avec deux autres camarades. J’ai profité d’un moment de bousculade pour m’échapper des mains des Allemands. J’ai suivi mes camarades, et ensuite, j’ai été accusé d’abandon de poste en présence de l’ennemi.
Nous sommes passés vingt-quatre hier soir au Conseil de Guerre. Six ont été condamnés à mort dont moi. Je ne suis pas plus coupable que les autres, mais il faut un exemple. Mon portefeuille te parviendra et ce qu’il y a dedans. Je te fais mes derniers adieux à la hâte, les larmes aux yeux, l’âme en peine. Je te demande à genoux humblement pardon pour toute la peine que je vais te causer et l’embarras dans lequel je vais te mettre…Ma petite Lucie, encore une fois, pardon. Je vais me confesser à l’instant, et espère te revoir dans un monde meilleur. Je meurs innocent du crime d’abandon de poste qui m’est reproché. Si au lieu de m’échapper des Allemands, j’étais resté prisonnier, j’aurais encore la vie sauve. C’est la fatalité. Ma dernière pensée, à toi, jusqu’au bout. Henry Floch »

A Voir

A proximité