Jean-Philippe Poirée-Ville, l’écriture végétale

Par Julie Rovero-Carrez | Publié le : 08 juillet 2016
  • Jardin Flottant du Songe Jean-Philippe Poirée-Ville  Chaumont-sur-Loire 2016

    Jardin Flottant du Songe Jean-Philippe Poirée-Ville Chaumont-sur-Loire 2016

    © Poirée-Ville

Jean-Philippe Poirée-Ville, l’écriture végétale Chaumont-sur-Loire fr

Architecte ? Paysagiste ? Botaniste ? Jean-Philippe Poirée-Ville est avant tout un artiste, un poète, un calligraphe voire un sociologue.

Il participe cette année encore au précieux Festival International des Jardins de Chaumont-sur-Loire dans ce merveilleux domaine du Val de Loire.

 

Mon histoire

« Mon grand-père était agriculteur dans le Languedoc. J’ai étudié l’architecture à l’École Spéciale d’Architecture puis le paysage à Versailles car j’avais envie de faire de l’urbanisme. C’est Paul Virilio (rencontré lors de sa formation à l’ESA) qui m’a amené à travailler sur la lumière. J’ai ensuite longuement étudié un mur végétal du botaniste Patrick Blanc dans une cave et ai observé le comportement de cette forêt verticale à la lumière de projecteurs. Cette étude m’a questionné sur l’éducation de notre regard face à la lumière stroboscopique et le rôle primordial de l’architecture comme moyen mnémotechnique. J’ai réalisé une œuvre à partir de mes recherches en 2000 pour l’exposition Les Mondes Lumière à la Fondation EDF : je projetais des végétaux virtuels sur un écran de cinéma sur lequel poussait un mur végétal. Le lien avec l’architecture s’est dessiné lors d’une rencontre avec des classes de primaire organisée par le Ministère de la culture : ces échanges m’ont confirmé que l’architecture n’était pas seulement un abri mais un véritable langage qui s’élabore entre signes végétaux et codes d’urbanisme. J’ai ainsi dessiné les premières “écritures végétalisées“. Mon approche se déroule en deux étapes : l’appropriation du territoire puis la création d’un langage nouveau à travers l’ornementation. Le végétal a aujourd’hui un véritable rôle de socialisation. »

 

Vent de liberté au Festival des jardins de Chaumont-sur-Loire

En 2001, Jean-Philippe Poirée-Ville participe à une exposition à l’Abbaye de Fontevraud alors dirigée par Chantal Colleu-Dumond, l’actuelle directrice du domaine et du festival de Chaumont-sur-Loire. Dans l’assemblée, il y croise l’inventeur du festival, Jean-Paul Pigeat, et signera à la suite sa première participation en 2002 sous le thème des Mauvaises Herbes. A Chaumont, JPPV retrouve des anciens étudiants de l’école de paysage de Versailles, des artistes, des jardiniers. « J’aime cet esprit d’équipage et il y a une telle liberté de création, c’est très rare, il n’y a pas d’autres endroits où l’on peut faire ça ! »

Le festival sélectionne ses artistes en plusieurs étapes : le thème de l’année est divulgué en août ; les dossiers doivent être déposés en octobre ; une présélection est effectuée en décembre avec un entretien oral ; l’installation débute en mars. L’édition 2002 coïncide avec les premières “Ecritures végétalisées“ très poétiques de Jean-Philippe Poirée-Ville ou “Ecritures en nuage“. Ces lianes mouvantes semblent s’épanouir comme des villes ondulatoires créant ainsi le langage ornemental d’un nouvel urbanisme.

La 25ème édition se consacre cette année à une thématique du futur, les Jardins du siècle à venir. Le Jardin flottant du songe de Jean-Philippe Poirée-Ville présente des plantes en suspension alimentées par un goutte-à-goutte : « Ce thème m’a beaucoup inspiré. J’ai voulu travailler sur notre dépendance actuelle à l’Energie. Si notre société est très fragilisée par cette relation vitale, il en est de même de mes œuvres exubérantes, certes, mais précaires : sans approvisionnement, mes plantes meurent en 3 jours ! »
Riche de ses connaissances en architecture, lumière et botanique, Jean-Philippe Poirée-Ville nous livre ici encore une œuvre riche en symboles sur la société et sur sa perception du territoire à travers un langage ornemental baroque empreint d’art nouveau.

 

Son ADN

3 mots pour définir votre travail : « L’ornementation, la ville, le vivant »
3 mots pour définir le festival : « La communauté, l’émulation, le caravansérail »

La région

Le domaine de Chaumont-sur-Loire domine la Vallée de la Loire, classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO. Son château fut la propriété de Catherine de Médicis et Diane de Poitiers ; il fait partie des Châteaux de la Loire.

Une odeur ? « Les tartes de Blanche à Chaumont »
Un bruit ? « Les oiseaux du parc »
Un goût ? « Les glaces de Chaumont, la palette change tous les ans : orties-basilic… ! »
Une vue ?  « Le ciel étoilé fabuleux depuis le gazon »
Un toucher ? « Les chats de Chaumont : Felix en est la mascotte depuis 6 ou 7 ans ! »

Mes adresses

Un lieu pour dormir ? « La chambre d'hôte La Maison du pêcheur »
121, rue Maréchal De Lattre, 41150 Chaumont-sur-Loire
+33 2 54 20 92 57

Un bistrot ? « La Détente Gourmande, plus connue sous le nom Chez Blanche. Des excellentes tartes et son frère Pierrot fait revivre les pierres de Loire. »
61, rue Maréchal De Lattre, 41150 Chaumont-sur-Loire
+33 2 54 33 94 65

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