L'histoire du thé et de sa consommation s'expose au musée Guimet

Du 03 octobre 2012 au 07 janvier 2013
L'histoire du thé et de sa consommation s'expose au musée Guimet 75 Paris fr

Vert, noir, blanc, rouge : boisson la plus consommée au monde après l'eau, le thé, né en Chine il y a 4.000 ans, a conquis la planète au fil d'une histoire dont le musée Guimet retrace les moments forts par une exposition qui débute mercredi et s'achèvera le 7 janvier 2013.

Intitulée "le Thé - Histoires d'une boisson millénaire", cette exposition, centrée sur la Chine, révèle "des trésors lointains", comme des peintures du Musée national du Palais de Taipeh, et "d'autres qui étaient cachés dans les réserves" du Musée des arts asiatiques, souligne le commissaire Jean-Paul Desroches.

Elle s'ouvre sur une "tonne de thé" compressée par l'artiste chinois contemporain Ai Weiwei et sur un court métrage du cinéaste franco-vietnamien Tran Anh Hung (L'odeur de la papaye verte) qui fait parler l'un des plus grands maîtres de thé chinois actuels : Tseng Yu-hui, Taïwanaise et seule femme à exercer cette fonction dans le monde, "pour donner le ton", dit M. Desroches.

Tel un oenologue, Tseng Yu-hui nous parle de l'"esprit du thé", de ses saveurs, ses parfums (jusqu'à 600 dans un même thé). Elle se livre à un méticuleux rituel pour sentir et goûter le thé dont elle est une des rares personnes habilitées à tester la qualité auprès des plus hautes autorités.

Suit un parcours en trois parties ponctué d'ustensiles, de manuscrits, calligraphies, peintures et livres rares : le "thé bouilli" (Chine médiévale, monde lamaïque: Tibet, Mongolie), le "thé battu" (Chine classique, Japon) et le "thé infusé" (Chine moderne, Europe, Monde).

On découvre que dans l'Empire du Milieu, le thé et le vin se sont toujours fait la guerre, inspirant la littérature et les arts. "Toute l'antiquité chinoise est axée sur le vin, le thé arrive par le bouddhisme. De là naît une confrontation entre le monde des lettrés qui aiment l'ivresse et celui de la sérénité", explique M. Desroches.

Bouddhisme

Avec la parution au VIIIe siècle du premier ouvrage spécialisé sur le thé, "Le Chajing" ou "Classique du thé" de Lu Yu, les feuilles de thé, conditionnées en briques, cessent d'être considérées seulement pour leurs vertus médicinales. Elles deviennent les ingrédients d'un breuvage dont usent les moines bouddhiques autant que les lettrés confucéens. C'est l'âge du "thé bouilli": on boit les feuilles broyées, mélangées à de l'eau bouillie, du beurre et des épices.

Suit l'âge du "thé battu" (Song, 960-1279): des galettes compressées de thé vert réduites en poudre. Battu au fouet, le thé devient une émulsion très appréciée des empereurs et sa consommation génère une industrie porcelainière raffinée. Les moines bouddhiques l'introduiront au Japon, engendrant la cérémonie du thé.

La Chine connaît ensuite un retour à l'austérité (Ming, 1368-1644): simplement séchées et torréfiées, les feuilles de thé infusent. C'est le début de sa popularisation et de ses premières exportations. Les bouilloires remplacent les bouteilles à thé et les théières font leur apparition.

Une dernière partie évoque son expansion à travers le monde.

En 1848, l'Angleterre perce le secret de fabrication du thé chinois grâce à l'espionnage industriel à Darjeeling (Inde). Dès 1887, les importations de thé indien concurrencent le thé chinois. Aujourd'hui la Chine produit 29% du thé, l'Inde 25%, le Sri Lanka 9% et le Japon 3%, selon M. Desroches.

Les visiteurs de l'exposition sont invités à déguster un thé "Guimet", spécialement conçu pour l'occasion.

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