Sublime. Les tremblements du monde, au Centre Pompidou-Metz

Du 10 février 2016 au 05 septembre 2016
  • Barbara and Michaël Leisgen, Pink Depression. L’eau mourante, 1982. Cibachrome shots on kraft paper, 50 x 72 cm each.

    Barbara and Michaël Leisgen, Pink Depression. L’eau mourante, 1982. Cibachrome shots on kraft paper, 50 x 72 cm each.

    © Collection Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris

Sublime. Les tremblements du monde, au Centre Pompidou-Metz 1, parvis des Droits-de-l’Homme Metz 57020 fr

L’exposition explore la complexité et la fascination ambivalente qu’exerce sur nous la tourmente des éléments.

Sublime

Cette "passion mêlée de terreur et de surprise", décrite par le philosophe Edmund Burke en 1757 et cristallisée dans le mot de "Sublime", exprime le mélange d’attraction et de répulsion que l’on éprouve face aux manifestations déchaînées de la nature et la sensation de sidération et de solitude face à son immensité.

Ainsi, l’océan démonté par la tempête, les éruptions volcaniques, les montagnes escarpées et les vallées sombres deviennent au XVIIIème siècle les stéréotypes de ce sublime de puissance et de terreur, largement dans la littérature et la peinture romantique.

Sur près de 1 100 m2, l’exposition du Centre Pompidou-Metz, interroge le renouveau de cette notion de sublime dans un contexte contemporain, et ses filiations avec le XVIIIème siècle, en rassemblant une centaine d’artistes du monde entier, de Léonard de Vinci à deux d'aujourd’hui.

Elle s’attache à montrer la persistance de notre fascination pour la "nature trop loin", selon l’expression de Victor Hugo, et la continuité d’une iconographie du Sublime. Elle montre toutefois la mutation profonde de notre relation à la nature.

Les désastres écologiques

Tandis que la période Romantique privilégie une correspondance entre les égarements de la nature et les tourments de l’âme, la période contemporaine, à l’heure des désastres écologiques, se caractérise par l’émergence d’une conscience environnementale et l’éveil d’une vigilance.

Les catastrophes naturelles récentes, amplifiées par leur impact sur des sites industriels (tsunamis, cyclones, séismes...) ont aiguisé une conscience d’un équilibre fragile, d’une maîtrise toute relative de l’homme sur son environnement et de son impact sur le milieu.

Dans le prolongement de cette réflexion, l’exposition aborde également l’évolution de la notion de catastrophe : à l’image du déluge et du déchainement des éléments se substitue aujourd’hui une conception de la catastrophe invisible et insidieuse.

Ainsi, l’exposition ouvre sur une géographie du terrible et de la peur en montrant des pièces jouant sur l’ambigüité de paysages contemplatifs ou idéalisés, aux stigmates invisibles comme le caractère paisible des paysages de Fukushima au lendemain de l’accident nucléaire.

Un parcours historique

L’exposition évoque également l’apparition depuis les années 1960-1970 d’une relation renouvelée à la nature passant par le ré-enchantement, une aspiration à une fusion avec les éléments d’une part et à l’éveil d’une conscience écologique d’autre part s’exprimant tant sur le terrain poétique, imaginaire que politique.

Elle s’appuie notamment sur la génération des artistes de l’Earth art et du Land art qui interagissent directement avec les éléments réalisant des interventions ou performances in situ.

Des contrepoints historiques, scientifiques et cinématographiques (revues, fonds d’archives, documents de sociétés de géographie, ou de vulcanologues) viennen compléter le parcours, pour esquisser une généalogie non linéaire du Sublime.

Adresse

Centre Pompidou-Metz
1, parvis des Droits-de-l’Homme
57020 Metz

Tarifs

Tarif modulable en fonction du nombre d’espaces d'expositions ouverts le jour de votre visite : 7€ / 10€ / 12€

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