La Guyane, une part d'Amazonie

La Guyane, une part d'Amazonie gf

Si le souvenir du bagne de Cayenne, pénitencier d'un autre âge (situé plus précisément au large de Kourou) tient du devoir de mémoire, le voyageur curieux débarquant en Guyane ressent surtout les parfums de la grande évasion ! Ici, le rêve est forcément immense. Le premier symbole en est le centre spatial européen de Kourou, dont la visite ouvre ni plus ni moins les portes de la connaissance de l'univers. Musée de l'Espace et spectacle des lancements réguliers de la fusée Ariane s'imposent comme une parenthèse « high-tech » au cœur d'un voyage décliné autour d'une nature grandiose.


Plus terre à terre, mais d'ambiance très aquatique, l'exploration « soft » des marais de Kaw ou de Mana ouvre pour sa part une large fenêtre sur des paysages exotiques à souhait. Ces espaces protégés, au sein d'un tout jeune et très vaste parc naturel régional, constituent le repaire idéal du caïman mais aussi le décor du flamboyant Ibis Rouge, un oiseau emblématique. Ce littoral atlantique « version tropicale » mêle encore les genres, avec ses zones de mangrove ou ses lieux de nidification de la tortue Luth, celle qui détient un record mondial : le plus gros gabarit de toute l'espèce. Charmante ponctuation : les jolies plages des petites îles du Salut, bercées par les alizés mais étrangement nommées, puisqu'on y trouve le rocher du fameux bagne, où l'espoir était mince ! De la côte, on peut aussi « fuir » vers le large, c'est-à-dire  embarquer pour une passionnante pêche au gros : le premier championnat du monde du genre se déroula ici. 

Mais c'est avec un autre océan qu'il faut compter essentiellement, dont la houle intensément verdoyante s'étend entre les fleuves Maroni et Oyapock, autrement dit entre le Surinam et le Brésil. Depuis Saint-Laurent du Maroni par exemple, on plonge très vite dans l'ambiance, par une piste 4x4 puis une courte randonnée à pied : les superbes chutes Voltaire sont au bout du chemin. Mais les excursions à la journée (ou plus) se réalisent essentiellement en pirogue. Sous une canopée intacte, serpentent les criques, ces rivières qui donnent le sésame de la jungle amazonienne aux aventuriers en herbe et permet une approche d'un environnement encore mystérieux. Dans un confort de bon aloi et sécurisé par un encadrement professionnel, sous un climat certes chaud (27°C toute l'année) et plutôt humide (pluies moins fréquentes en mars ou entre juillet et septembre), la forêt primaire ne se révèle pourtant pas si hostile qu'on l'imagine ! Sous la voûte des grands arbres, on retrouve une flore extraordinaire ainsi que les légendes amérindiennes originelles. Celles qui alimentèrent les fols espoirs d'eldorado des conquistadors d'antan ou des orpailleurs d'aujourd'hui. 

En Guyane, la nature exubérante célèbre ainsi le mariage de l'eau et du végétal. De même, ce département français si dépaysant puise son caractère dans le patchwork des cultures. Les méandres de l'histoire, au gré de diverses vagues d'émigration, font aujourd'hui cohabiter les amérindiens (Wayanas, Emerillons, etc.) et les groupes de souche africaine puis martiniquaise ou asiatique. Métissage des « noirs-marrons » ou diasporas plus récentes font tout le charme et la belle singularité « latino-créole » de Cayenne et de la Guyane, accès direct sur l'échange et la découverte.

 


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