La montagne française, terrain de jeu favori des alpinistes belges

  • Paysage Savoie Mont Blanc - © David Machet

    Paysage Savoie Mont Blanc - © David Machet

La montagne française, terrain de jeu favori des alpinistes belges

Pour le Club Alpin Belge, la montagne française constitue une destination de choix ! La réputation internationale et la diversité des massifs « bleu-blanc-rouge » font chaque année le bonheur des alpinistes belges. Rencontre avec Didier Marchal, président du conseil d’administration du CAB et amoureux de la montagne.

Quelle importance a la montagne française dans les activités actuelles du Club Alpin Belge ?

La montagne française rythme pas mal les activités des clubs de la fédération. La France étant assez proche de chez nous, c'est à la montagne française - particulièrement dans les Alpes - que se déroulent la plupart des activités, tant hivernales qu'estivales.

Club Alpin Belge

Et que représente la France dans l’histoire de votre club ?

Les liens que nous entretenons avec la France sont de longue date, puisqu’ils remontent précisément au 18 février 1883 ! Deux belges, François Crépin, botaniste éminent et Albert Dubois, avocat et écrivain, sont alors membres du Club Alpin Français. Ils ne sont pas les seuls dans le cas, ce qui les décide à rassembler quelques-uns de leurs camarades de montagne et à fonder le Club Alpin Belge dans un premier local au Jardin Botanique, avec Crépin comme directeur.

Le club suscite rapidement l’intérêt et, très vite, il compte une centaine de membres ! Parmi eux, le grand industriel Ernest Solvay, qui fera don à la communauté alpine d'un refuge perché sur la célèbre arête du Hörnli au Cervin, et dont on fête le centenaire cette année. Depuis, les alpinistes belges et la France n’ont jamais cessé d’être étroitement liés.


En 1930, par exemple, le refuge Albert Ier, situé au-dessus du village du Tour (Chamonix), est inauguré par le roi des Belges de l'époque , Albert Ier, dont la carrière alpine a été bien remplie. Puis, en 1951, plusieurs membres du Club Alpin Belge participent à l'expédition franco-belge à la Cordillère Blanche au Pérou. L'Alpamayo (6.100 m) et le Nevado Pisco y sont d’ailleurs gravis pour la première fois. Et ce ne sont là que quelques exemples d’expériences qui lient notre club à la France...

Rando Club Alpin Belge Alpinisme

L’alpinisme est-il naturellement lié à la France de manière générale ?

La France occupe en tout cas une place importante dans notre milieu avec ses destinations de réputation internationale comme Chamonix ! Puis, de nombreux alpinistes de renom sont Français, comme Gaston Rébuffat, Lionel Terray, Louis Lachenal, Maurice Herzog, René Desmaison, Catherine Destivelle, Patrick Gabarrou, Lionel Daudet, Jean-Marc Boivin ou encore Pierre Béghin. La France est donc synonyme de réputation internationale et historique mais aussi d’expertise !

L’Hexagone est en effet également connu pour les grands noms de vêtements techniques ou de matériel d'alpinisme. Enfin, on peut aussi faire un rapprochement entre la célèbre littérature francaise et l’alpinisme, notamment via "Premier de cordée", le roman de Roger Frison-Roche.

Le Club Alpin Belge est la Fédération francophone d’Escalade, d’Alpinisme et de Randonnée en Belgique. Il regroupe 3500 membres, une vingtaine de clubs et programme près de 1000 journées d’activités et de stages par an. Un sacré programme pour de véritables mordus d’alpinisme.

Êtes-vous vous-même un passionné de sports en montagne ?

Oui ! D'un point de vue personnel, j'ai découvert la montagne quand j'avais 10 ou 12 ans lors de vacances familiales. J'ai ensuite effectué de nombreuses randonnées dans les Alpes et quelques années d'alpinisme dans le massif des Écrins. Aujourd’hui, je randonne pratiquement chaque année dans les Alpes où je pratique également la randonnée en raquettes et le ski de fond.

Paysage Savoie mont blanc alpinisme

Qu’est-ce qui vous charme le plus en France ?

Pour un passionné d'alpinisme, la montagne française représente une grande diversité de massifs. Puis, elle est facilement accessible depuis la Belgique. Sans oublier qu’on y parle la même langue, ce qui est un atout de plus pour nous, Belges. Et la montagne, c’est un tout, une ambiance générale ! Personnellement, ce qui m'attire le plus en montagne, outre l'activité physique, c'est le cadre dans lequel j'évolue : le paysage, les lumières, la flore, la faune... Et puis, il y a aussi les produits régionaux, que j’apprécie beaucoup !

Pourriez-vous nous recommander vos coups de cœur français personnels à la montagne ?

Je dirais le massif des Écrins pour son caractère sauvage et mes premières expériences en alpinisme, les Aravis pour leur proximité et le paysage doux de leurs combes, le désert de Platé dans les Fiz, le parc national de la Vanoise, le lac d'Annecy et la Tournette ou encore le Mont Thabor. Sans oublier la Corse pour l'association de la mer et de la montagne. Et encore, je vous donne là une liste non-exhaustive !

Paysage Savoie mont blanc alpinisme

Pourquoi, selon vous, ces coups de coups de cœur méritent-ils d’être vus en été ?

En été, les journées sont plus longues et on peut voir la montagne sous une grande diversité de lumière, du petit matin jusqu'au soir. On peut aussi voir la montagne qui vit : les agriculteurs, les artisans, la faune, la flore… on se rend compte, à ce moment de l’année, que la montagne n'est pas simplement une carte postale. On voit que la montagne, ça vit !

Autre avantage : les sentiers d'alpage permettent d'atteindre des cols et de petits sommets à pied et sans équipement particulier. En hiver, ces mêmes endroits ne peuvent être atteints qu'en utilisant des skis, des raquettes ou même des crampons. En été, sans avoir nécessairement un équipement d'alpiniste et tout en restant prudent, on peut aller un peu partout !