« Très fier d’arbitrer à Roland Garros »

« Très fier d’arbitrer à Roland Garros »

Le Bruxellois Guillaume Woelfle officiera en tant que juge de ligne à Roland Garros (22 mai au 11 juin). Une grande première pour ce jeune journaliste de 24 ans et ancien résident français. Entretien.

Que représente ce tournoi du Grand Chelem à vos yeux ?

Avant d'être arbitre et juge de ligne, je suis d'abord un passionné de tennis qui a commencé à jouer dès l'âge de 7 ou 8 ans. Et déjà à cette époque-là, pour moi, Roland Garros était le plus beau tournoi, le plus grand. En Belgique comme en France, on joue beaucoup sur terre battue. Quand on est jeune, avec les copains, on s’imagine en train de jouer son propre Roland Garros. Puis, il s’agit du tournoi le plus retransmis en télévision en Belgique. Je suis fier de pouvoir le vivre de l’intérieur cette année et d’y endosser des responsabilités.

Roland Garros Djokovic

Depuis quand arbitrez-vous ? Comment avez-vous embrassé cette carrière ?

J'ai commencé l'arbitrage à l'âge de 13 ans. A l'époque, j'habitais en France, à Blois. Des formations d'arbitrage étaient organisées dans mon club. Tous les gamins de mon âge étaient plus ou moins forcés d’y participer. Mais j’y ai très vite pris du plaisir. Quel que soit le rôle - arbitre de chaise ou juge de ligne - et quel que soit le niveau auquel j'ai officié, j'ai toujours trouvé grisant le fait d'avoir la responsabilité de prendre une décision qui pouvait être importante. Ça a toujours été mon moteur jusqu’ici.

Roland Garros Arbitre Belge

Quelle catégorie de joueurs avez-vous l’habitude de diriger ?

En 10 ans, je suis passé des plus basses catégories dans les tournois locaux au tennis professionnel. Je ne suis pas arbitre de chaise pour les joueurs classés au-dessus de la 150e place mondiale environ, mais en-dessous, je peux officier comme arbitre de chaise. Et en tant que juge de ligne, j'ai déjà pu participer à quelques événements incroyables, comme une finale de Coupe Davis, Wimbledon, les Masters de Rome ou de Monte-Carlo. L’arbitrage reste toutefois un hobby, une passion, un plaisir. Je ne compte pas faire carrière dans l’arbitrage.

Roland Garros Serena Williams

Roland Garros sera donc une grande première pour vous. Quelles étapes avez-vous dû franchir pour arriver à Paris ?

L'important est de bien travailler au niveau local comme arbitre de chaise et de beaucoup bosser en tant que juge de ligne au niveau international. Autrement dit, il faut se forger assez d'expérience pour avoir un niveau d'arbitrage assez solide avant de tenter sa chance. Une fois qu'on se sent prêt, on postule et la sélection se fait sur base de notre expérience. Certains y arrivent après 3 ou 4 années d’arbitrage. Moi, il m’aura fallu 11 ans.

Roland Garros Rafael Nadal

Quel est votre meilleur souvenir à Roland Garros jusqu’à présent, que ce soit en tant que spectateur ou arbitre ?

Je dirais que la plus belle image que j'ai de Roland Garros, ce sont les matches interminables en cinq sets entre deux joueurs un peu moins connus et qui se jouent sur les courts annexes. Les tribunes des petits courts sont vites remplies et cela donne toujours une ambiance particulière, très chaude et conviviale à la fois. On ressent aussi beaucoup plus la tension du match lorsque les tribunes sont petites et qu'on est proche du court. Il y a 5 matches de ce style-là chaque année, pas plus. Il faut donc avoir un peu de chance mais pour moi, ce sont de loin les meilleurs moments du tournoi.

Pourquoi, selon vous, doit-on se rendre à Roland Garros au moins une fois dans sa vie ?

Car c'est un magnifique tournoi qui impressionne tout fan de sport, y compris les plus fins connaisseurs ! Si on prévoit quelques jours de vacances à Paris, en consacrer un à Roland Garros n’est certainement pas perdu. Je compte d’ailleurs bien profiter de mon passage à Roland Garros pour profiter des charmes de Paris.

Vous avez vécu 4 ans à Blois dans le Loir-et-Cher. La France vous manque-t-elle aujourd’hui ?

Oui, elle me manque énormément. J’habitais dans une très belle région, la vallée de la Loire, durant les années les plus insouciantes de ma jeunesse, entre 11 et 15 ans. Je ne conserve que de bons souvenirs de ma vie à Blois, où je ne suis malheureusement retourné que deux fois depuis que j’ai quitté la France. Et l’une des deux fois, j’y suis revenu en tant qu’arbitre international. La France est mon deuxième pays, le plus beau du monde à mes yeux. On y trouve une telle diversité, que ce soit pour se reposer ou faire du sport, pour la culture ou la gastronomie, pour le ski ou pour la plage… J’y compte encore beaucoup d’amis.

Loire

Combien de rencontres allez-vous arbitrer cette année ?

Difficile à dire. Tout ce que je sais, c'est que je travaille jusqu'au milieu de la dernière semaine du tournoi. En tant que juge de ligne, j’arriverai sur le site du tournoi plus ou moins une heure avant le début des parties. J’y découvrirai alors mon affectation, sachant qu’on nous envoie généralement sur un ou deux courts par jour et que cela change quotidiennement. Deux équipes de juges de ligne se relaieront toutes les 45 minutes car être juge de ligne implique un effort de concentration intense. Une journée peut parfois durer 8 ou 9 heures avec plusieurs matches qui s’enchaînent ! La gestion du repos sera donc très importante. Et, bien sûr, j’espère avoir la chance de fouler un grand court durant la quinzaine.

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